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 Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?

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Guevara
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MessageSujet: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Lun 25 Jan 2010, 21:07

J'ai assisté la semaine dernière à une conférence de Charles Castonguay, professeur de mathématique et statistiques à l'Université d'Ottawa.

Il a dressé le bilan de la situation linguistique au Québec et au Canada de 1971 à aujourd'hui. La situation est loin d'être rose et ses prédictions sont encore pire en ce qui à trait à la survie de la langue française dans certaines parties du Canada.

Bien que les recherches de monsieur Castonguay sont bien documentés, les gouvernements et les élus préfèrent ne pas en parler pour ne pas faire peur à la population. Cependant, le problème du recul de la langue française demeure.

On parle beaucoup des problèmes de la langue française au Canada et dans la région de Montréal, mais j'aimerais connaître selon vous, quelles serait les solutions à ce problème complexe ? Je sais pas!

La discussion est ouverte.
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francoquebecois
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Mar 26 Jan 2010, 00:02

Premièrement, il ne faudrait pas mettre sur le MÊME PIED la défense et la promotion de la LANGUE FRANÇAISE dans le ROC et la défense et la promotion de la LANGUE ANGLAISE au Québec, peu importe que le Québec soit un pays ou non.

Tout le monde sait qu'au Québec, les Anglos peuvent, s'ils le veulent, parfaitement vivre UNIQUEMENT en anglais, même dans les régions les plus reculées du Québec!! ET on voit le QCGN venir en rajouter encore par-dessus: le QCGN veut tout simplement angliciser les régions où un ou 2 anglophones vivent!!
C'EST LA LANGUE FRANÇAISE QUI EST TRÈS EN MINORITÉ, au Canada, en Amérique du Nord, ET NON PAS LA LANGUE ANGLAISE!

Dans le ROC, c'est le contraire: tout est en anglais, et la LANGUE FRANÇAISE est de plus en plus considérée comme une langue ethnique, comme aux USA, surtout de la part des nouveaux arrivants, mais aussi par une très grande majorité des habitants des provinces de l'ouest. Juste à voir l'offre de service en français pour les Jeux de Vancouver: pour eux, offrir des services en français, c'est du gaspillage tout court!

En premier lieu, donc, je trouve qu'il manque une VOLONTÉ POLITIQUE pour vraiment établir des structures pour les "parlants français" partout au Canada, et aussi, il faudrait qu'il y a des mesures spéciales pour protéger et promouvoir PLUTÔT la langue française, au Québec, au lieu de promouvoir la langue anglaise comme le fait Patrimoine Canada au Québec! MAIS ÇA, C'EST: "RÊVER EN COULEURS!"
.
Je pourrais écrire beaucoup de textes là-dessus, mais je m'arrête ici: je laisse la place aux autres. Merci

.
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gaulois
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Mar 26 Jan 2010, 23:40

La Loi des langues officielles doit être *complètement* repensée à neuf à mon avis, certainement pour tout l'Ouest canadien. Également pour lutter contre l'anglicisation de Montréal. Le blocage pour ce faire me semble institutionnel, certainement médiatique. Et définitivement aucune volonté politique de la part des partis fédéraux. Je crois certes pas qu'un Commissaire aux langues officielles avec un pouvoir exécutoire changerait quoi que ce soit en l'absence de volonté politique. La recommandation venait de la FCFA après les résultats navrants de 40 ans du régime.

Impératif-Français (IF) témoignait il y a déjà plusieurs années devant le comité parlementaire des langues officielles pour qu'une politique linguistique de promotion du français soit mise de l'avant (-vs- la politique linguistique actuelle de promotion du bilinguisme). Le réseau associatif n'a jamais appuyé IF dans cette revendication à mon grand regret.

En terminant, je trouve qu'il y une grande pauvreté du discours civil au sujet de l'avenir du français. Merci pour soumettre le sujet au FAF.
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Mer 27 Jan 2010, 10:16

francoquebecois

Citation :
Premièrement, il ne faudrait pas mettre sur le MÊME PIED la défense et la promotion de la LANGUE FRANÇAISE dans le ROC et la défense et la promotion de la LANGUE ANGLAISE au Québec, peu importe que le Québec soit un pays ou non.

Le noeud du problème se trouve dans ce commentaire.

À partir du jour ou le Canadien-Français est devenu Québécois, Franco-Ontarien, Franco-Manitobain, etc , notre problème d'émancipation de la langue française en a pris un coup.

Le grand Frère a quitté la maison familiale et le reste de la marmaille en souffre, on ne le dira jamais assez.

Qui s'offusque de la pauvre qualité du français pour ne pas dire son absence à l'Aréoport Stanfield d'Halifax ? Les francos de la Nouvelle Écosse. Point.

D'où proviennent principalement les appuis au projet Santé en français au Nouveau-Brunswick ? De sa population franco. Point.

Qui s'est objecté que la ville d'Ottawa ait présenté un spectacle anglo seulement dans le cadre du passage de la flamme olympique dans la capitale canadienne ?

Des excuses et «la ferme intention de ne plus recommmencer» ont été prononcés sachant que le scénario sera repris encore car...on dort au gaz et laisse faire..

Les autres francos du RoC sont trop occupés (seuls) a tenter de sauver leurs droits chèrements acquis mais toujours en danger dans leur province.

Aucune solidarité franco canadienne, voilà le problème.

Aussi, je constate de plus en plus que le rôle de défenseur de la langue française que doit jouer Radio Canada tant au niveau de la radio que de la télévision a été changé dans les faits.

Je n'ai jamais entendu autant de musique anglaise dans les stations de radio-canada, radio et télé. I.E. À l'émission TLMP, leur choix musical est MAJORITAIREMENT anglo because Guy A. aime ça. What the fuck ?!?

Au téléthon HAITI ENSEMBLE, c'était effarant d'entendre nos artistes franco dans un téléthon pour un pays franco, autant chanter en anglais. What the fuck ?!?

Tant que nous serons chacun dans notre coin à tenter de changer le monde, il se ne passera rien à ce niveau tant au Québec que dans le Canada.

La langue est le véhicule d'une culture , ne l'oublions pas.

Finalement, mettre les prophéties de castonguay dans la corbeiile, rien de moins.

Ce sont des encouragements au bon coup des francos canadiens qu'ils nous faut entendre, pas les bibites à ti-charles.

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gaulois
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Mer 27 Jan 2010, 10:30

Citation :
Aussi, je constate de plus en plus que le rôle
de défenseur de la langue française que doit jouer Radio Canada tant au
niveau de la radio que de la télévision a été changé dans les faits.
Et, outre de rares exceptions dans ses choix musicaux, CBC ne fait aucunement sa part dans la promotion du français, certainement dans sa couverture des affaires publiques. Quand c'est rendu que CanWest fait un meilleur travail (e.g. French immersion programs may be in danger, parents urged to take action, group says

+
Where has the French gone?

) , il y a de quoi se poser des questions...
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francoquebecois
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Sam 13 Fév 2010, 14:21

VIVRE EN FRANÇAIS.... au Québec et au Canada ??


un petit historique très bien fait, par M. Michel David, du journal "Le Devoir", samedi,le 13 février 2010:

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/282998/vivre-en-francais-la-quete-de-la-normalite?

COPIE:

Vivre en français - La quête de la normalité

Un des premiers effets de la Révolution tranquille a été de séculariser le débat sur la langue


Michel David 13 février 2010 Québec

Depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, aucune législation adoptée par le parlement du Québec n'a eu un effet aussi déterminant que la Charte de la langue française. La loi 101 est la seule dont on peut dire qu'il y a le Québec d'avant et celui d'après.

Plus de deux siècles après la chute de la Nouvelle-France, elle en a refait une société à peu près normale. Ceux qui n'ont pas connu le Montréal d'il y a cinquante ans peuvent difficilement mesurer le chemin parcouru. Une loi ne peut cependant rien changer à la géographie et à la démographie.

L'hégémonie de l'anglais sur le continent nord-américain, la diminution du poids du Québec au sein de la fédération canadienne et les flux de l'immigration interdisent de tenir pour définitifs les progrès accomplis.

D'une manière ou d'une autre, la question linguistique a été au centre du débat politique depuis la Conquête. Ce n'est pourtant qu'en 1910, l'année même où Henri Bourassa admonestait le cardinal de Westminster dans son célèbre discours prononcé à l'église Notre-Dame, que l'État québécois a osé intervenir pour la première fois en matière de langue, quand le député de Montmagny, Armand Lavergne, a fait adopter par l'Assemblée législative un projet de loi qui obligeait les entreprises de services publics (transport, télégraphe, téléphone, électricité) à respecter le principe du bilinguisme dans leurs relations avec leurs clients et abonnés.

Puisque Wilfrid Laurier s'était précédemment opposé à la présentation du même projet à la Chambre des communes, il avait forcément un impact très limité. C'était l'époque où Le Devoir faisait campagne pour les timbres puis les billets de banque bilingues. La loi Lavergne a aussi été la dernière incursion de l'État dans le dossier linguistique jusqu'à la fin des années 1960. Pendant un demi-siècle, la défense et la promotion du français ont été complètement abandonnées aux groupes nationalistes et aux médias.

Après la Deuxième Guerre mondiale, alors que la société québécoise s'urbanisait à grands pas, les élites francophones, plus instruites, supportaient de plus en plus mal l'écrasante domination de l'anglais. Il leur paraissait anormal que la majorité se sente étrangère chez elle, en particulier à Montréal, et qu'elle soit reléguée aux emplois subalternes.

Jusqu'à la fin, le régime Duplessis s'en est pourtant tenu à la glorification de la vocation agricole des Canadiens français, sous l'oeil complice de l'Église et de l'establishment financier anglophone, sans jamais transposer ses prétentions nationalistes sur le plan linguistique.

La boîte de Pandore
Un des premiers effets de la Révolution tranquille a été de séculariser le débat sur la langue, qui a définitivement cessé d'être «la gardienne de la foi». Au Québec comme à Ottawa, beaucoup voyaient bien que la frustration des francophones risquait de compromettre l'unité du pays, mais jusqu'où irait la quête de la normalité? Une fois la boîte de Pandore ouverte...

Au départ, le mandat de la commission Laurendeau-Dunton, instituée par le gouvernement fédéral en 1963, était de «faire enquête sur l'état présent du bilinguisme et du biculturalisme au Canada et faire enquête sur les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d'après le principe de l'égalité entre les deux peuples qui l'ont fondée».

Il était donc implicite que la Loi sur les langues officielles, votée par la Chambre des communes en 1969, serait complétée par une réforme constitutionnelle qui enchâsserait ce principe. Clairement, ce n'était pas l'intention de Pierre Elliott Trudeau, ni de l'intelligentsia canadienne-anglaise. Après la mort d'André Laurendeau, l'idée de réformer la Constitution a été abandonnée, mais la question linguistique deviendrait bientôt indissociable du débat sur l'avenir politique du Québec, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de la fédération.

Le gouvernement de Jean-Jacques Bertrand a choisi ce moment pour commettre une erreur historique. En juin 1968, la commission scolaire de Saint-Léonard avait créé une commotion dans la communauté italienne et chez les anglophones en adoptant une résolution qui obligeait les enfants d'immigrants à fréquenter l'école française. L'adoption de la loi 63, qui consacrait plutôt le principe du libre choix de la langue d'enseignement, a soulevé un tollé chez les francophones et mis le feu à la poudrière linguistique.

Le débat linguistique a alors connu une période d'accélération. En 1974, le gouvernement Bourassa a bien tenté de calmer le jeu en faisant proclamer le français seule langue officielle du Québec, mais c'était trop peu, trop tard. À peine huit ans après la crise de Saint-Léonard, les Québécois élisaient un gouvernement souverainiste, dont un des premiers gestes fut de faire adopter la Charte de la langue française. Sauf en cas d'exception, la langue de la majorité devenait aussi celle du travail, de l'enseignement et de l'administration. Comme dans une société normale.

Le meilleur amendement
Malgré les assouplissements imposés par la Cour suprême et l'enchâssement de la Charte des droits dans la Constitution, les plus importantes dispositions de 1977 sont demeurées à peu près intactes et font largement consensus. L'intégration des «enfants de la loi 101» et la promotion économique des francophones ont été des succès indéniables. À la fin des années 1980, le débat sur l'affichage commercial a été déchirant, mais il n'a pas entraîné une détérioration significative du visage français de Montréal.

Aujourd'hui, force est toutefois de constater que le formidable élan qui avait été donné à la francisation de la société québécoise a fait place à un piétinement, voire à un recul. Il suffit de se promener dans les rues de la métropole (NOTE DE FRANCO: "DE LA VILLE DE MONTRÉAL"). De toute évidence, le peu d'empressement du gouvernement à faire appliquer la loi envoie un très mauvais message.

La ministre responsable, qui n'a pourtant rien d'une zélote, reconnaît elle-même l'incongruité de s'adresser systématiquement en anglais aux nouveaux arrivants. En toute justice, les derniers gouvernements péquistes n'avaient pas fait beaucoup mieux.

Pendant des années, la perspective que le Québec devienne un État souverain a constitué en soi une puissante incitation à l'intégration. À ceux qui le pressaient de renforcer ou d'assouplir la Charte de la langue française, Camille Laurin répondait invariablement que la souveraineté serait le meilleur amendement qu'on pourrait y apporter.

Si le Québec doit rester une simple province d'un pays à majorité anglophone qui fait la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, le français devient nettement moins attrayant. Maintenant que les Québécois ont rejeté la souveraineté à deux reprises, beaucoup y voient une langue de losers.

Le choix de demeurer au sein de la fédération canadienne est légitime. Dans ce cas, on devrait s'interroger sur les mesures à prendre pour compenser les inconvénients que cela comporte pour le français.

La «nouvelle loi 101» proposée par le PQ prévoit notamment l'extension du processus de francisation aux petites entreprises, mais ce parti hésite encore à imposer la fréquentation du cégep français aux immigrants.

La quête de la normalité devient très difficile quand on ne sait plus trop ce qui est normal.

FIN DU TEXTE

Commentaires: et j'ajouterais ceci au dernier paragraphe: "et la quête de la normalité devient très difficile AUSSI quand les gens ne saisissent pas toute l'ampleur de l'urgence de la situation pour arrêter le déclin de la LANGUE FRANÇAISE, à Montréal et en régions.."
.

=====================================

PS: il y a plusieurs textes dans le journal "Le Devoir" d'aujourd'hui, qui parlent de la société québécoise et de son évolution en français.

Un des bons textes à lire: LE COMBAT DU QUÉBEC:
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/282991/le-combat-du-quebec
.
MERCI à tous les journalistes du Devoir de nous faire bénéficier de toutes vos analyses et de tous les faits historiques que vous relevez au passage...
.


Dernière édition par francoquebecois le Sam 13 Fév 2010, 14:38, édité 1 fois
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Lamarche
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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   Sam 13 Fév 2010, 14:33

Excellente rétrospective. Tout baignait jusqu'au moment où la marche vers l'indépendance a commencé à piétiner. Suivant la deuxième défaite référendaire.

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Mobilisation Indépendance Québec

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MessageSujet: Re: Quelles solutions pour le français au Québec et au Canada?   

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